Stupeur et tremblements, d’Amélie Nothomb

Salutations.

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Stupeur et tremblements

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Mon résumé :

  Années 90. Amélie vient d’arriver dans l’entreprise Yumimoto, au Japon. Employée française, parmi les seules étrangères de la boîte, elle a bien conscience de sa chance d’avoir décroché ce poste au Pays du Soleil Levant. Malheureusement, les normes sociales japonaises ne vont pas l’épargner ; le racisme latent de ses nouveaux collègues non plus. Amélie enchaîne les bourdes, intentionnellement ou pas. Sur elle s’abattent le courroux et les moqueries de ses supérieurs, à chaque pas de travers, professionnellement ou socialement.
  Professionnalisme ou sadisme ? Peu à peu, Amélie dégringole des échelons hiérarchiques décents jusqu’à l’humiliation pure et simple. Fiction ou réalisme cruel ?

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Roman initialement publié en 1999, mais qui connut de nombreuses rééditions. Il a reçu le prix du roman de l’Académie française l’année de sa publication.

Mon édition chez Livre de poche, ancien modèle : 187 pages – police très grosse.

Coût : 4,42€. Curieux. Sûrement transformé depuis l’ancien prix en francs.

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Comment j’ai découvert Stupeur et tremblements :

  J’ai lu deux autres romans d’Amélie Nothomb à ce jour : Le crime du comte Neville et Riquet à la houppe. Je ne te cache pas qu’ils m’ont beaucoup déplu : style décousu et d’une poésie artificielle, fin douteuse – cela n’engage que moi évidemment. Alors j’étais fort curieuse de découvrir le roman qui a fait sa renommée il y a presque vingt ans, dont beaucoup de gens m’ont dit du bien. J’ai eu la chance de le trouver dans une Boîte à Livres bordelaise.

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Mon verdict :

  Stupeur et tremblements me faisait appréhender : allais-je découvrir un roman de qualité bateau comme ceux que j’ai pu lire précédemment, ou au contraire un chef-d’œuvre qui justifierait son immense succès ? Heureusement, il s’est avéré addictif.
  Je l’ai lu d’une traite, la matinée avant ma première épreuve de bac. Le roman nous présente les péripéties d’Amélie d’un point de vue exclusivement interne : les Japonais qui partagent son espace de travail n’en sont que plus énigmatiques. Tous ne sont pas de beaux salauds, heureusement. Quelques-uns sauvent l’honneur. Mais diantre, ce qu’ils sont cruels avec elle… Réalisme cru ou détails fictifs pour percuter davantage ? Je n’ai pas su situer clairement la barrière entre les deux.
  Quoi qu’il en soit, Amélie aborde le cauchemar qu’est devenu son quotidien avec un sens de l’ironie très particulier. Entre moquerie pure et simple, fascination pour ses bourreaux et complète divagation dans des délires obscurs, elle n’a jamais le mauvais goût de s’apitoyer sur son sort. Le récit frais de ses malheurs suffit ainsi au lecteur pour comprendre l’enfer qui est le sien. Elle l’évoque, la souffrance psychologique, mais toujours avec une espèce de détachement qui pousse au relativisme.
  Evidemment, ce court roman pose une question essentielle, celle de l’accueil que les Japonais réservent aux étrangers venus habiter sur leur petit paradis insulaire. Stupeur et tremblements date de 1999, aussi depuis la situation a certainement évolué dans le cadre professionnel. Néanmoins, des scandales circulent toujours au-delà de leurs frontières : des insultes, des Japonais typés occidentaux discriminés pour leur nom, leur absence d’accent (oui oui, car ils ne ressemblent pas à de « vrais Japonais » mais parlent comme eux) ou tout simplement leur physique. Le Japon dispose d’une culture extraordinaire et le reste du monde porte cette originalité aux pinacles, mais le statut insulaire du pays lui vaut une certaine frilosité quant à l’acceptation des différences culturelles dans son quotidien. Amélie en fait les frais avec une cruauté qui frise l’illogisme, mais aujourd’hui encore, des allusions discrètes voire involontaires au rejet pur et simple, la vie n’est pas facile pour les « Occidentaux » autochtones. Bonne chance à vous.

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Ma note :

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Points forts :

Histoire originale
Se lit très vite
Ecriture qui sort des codes, avec une ironie omniprésente

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Points faibles :

Parfois difficile de séparer la réalité de la fiction

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ShishiShishi heureux. Coup de coeur modéré, très bon moment de lecture mais pas assez emballée pour le retenir sur le très long terme.
 

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CQFD :

  Même si tu n’as pas aimé les derniers romans d’Amélie Nothomb, celui-ci vaut la peine d’être lu. Avec lui se justifie son succès à travers les décennies. Un humour noir et cynique, une écriture très facile à suivre, et une dimension sociale exotique. Efficacité garantie.

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Amélie NothombELLE ME FIXE JUSQUE DANS MON SOMMEIL

 

Si tu as aimé Stupeur et tremblements, tu aimeras…

La cote 400, de Sophie Divry
Le magasin des suicides, de Jean Teulé

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Amitiés,

Shihsi et Chinmoku.

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