Typologie des méchants de l’imaginaire jeunesse #BBenlivre

Salutations.

  Es-tu amateur de littérature jeunesse ? Si oui tu as peut-être suivi, en juillet, les événements de Partir en Livre…

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Partir en Livre, qu’est-ce que c’est exactement ? Rien de moins que la fête nationale annuelle de la littérature jeunesse. Elle a lieu tous les ans en juillet, depuis maintenant trois ans – et oui, c’est encore récent… En 2017, du 19 au 30 juillet, nous avons eu droit à une multitude d’événements autour de la littérature à travers la France, et même en départements outremer. Masterclasses, ateliers d’écriture, conférence, j’en passe et des meilleures, tout le petit monde du livre était au taquet pour enchanter les jeunes lecteurs, assidus ou pas. C’est un peu bizarre, tu me diras, de parler de Partir en Livre sur mon blog aujourd’hui seulement, alors que la fête s’est terminée voici dix jours… Que nenni, ami lecteur. Car désormais que Partir en Livre 2017 est terminé, place à la partie OFF de l’événement : en août, la parole est donnée aux blogueurs littéraires et aux booktubeurs ! Cet aspect de l’événement sera mis en avant avec le hashtag #BBenLivre, abrégé de « Booktube et la Blogosphère en Livre ».
  Un article ou une vidéo par jour, sur YouTube ou sur la blogosphère, pour égayer ton été et faire durer la magie de Partir en Livre jusqu’à la rentrée. Aujourd’hui, c’est mon tour ; hier c’était celui des Lectures de Mylie sur BookTube, et demain sera celui de la chaîne Bibliotaverne ; mais nous en reparlerons plus loin.

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  Pour célébrer la littérature jeunesse, j’ai choisi de parler non pas d’un livre, mais d’un type de personnages. Installe-toi confortablement et on enchaîne sur…

Une typologie (non exhaustive) des personnages méchants dans les romans d’imaginaire jeunesse !

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Il y a tellement de personnages différents en littérature jeunesse qu’il a fallu restreindre le champ d’étude : que des personnages méchants, et que des romans d’imaginaire. Malgré cela, j’ai dû en éliminer beaucoup pour faire un article d’une longueur décente, et il reste tant de profils différents que je pourrais y passer des heures : les manichéens, les mystérieux, les couples, les psychopathes, les torturés…
  J’espère qu’à travers cette typologie, tu découvriras plein de romans qui te feront envie. Les méchants dans les romans, c’est mon dada absolu. Comment ne pas les adorer quand ils sont bien faits ?

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Les méchants très maléfiques et délicieusement charismatiques

On commence avec les classiques, ceux qu’on retrouve le plus souvent dans les romans vieillissants ou les séries les plus connues. Seigneur des Ténèbres, Reine Noire ou Maître de la Mort et de l’Ombre, aucun doute possible : dès que tu vois son nom, tu sais immédiatement qu’il servira d’antagoniste à ton héros chéri. Les méchants manichéens s’appellent Voldemort, Magister, Lazlo Sharkdale, Amecareth ; ils ont le mal dans le sang et font rarement dans la dentelle.
  Voldemort, de la saga Harry Potter, est très représentatif de ce type de méchant : un sombre passé et une prédisposition au mal qui apparaît dès son enfance, quoi de mieux pour forger l’ennemi de demain ? De plus, il dispose parallèlement du statut d’antagoniste parfait par rapport à Harry : une histoire d’âmes liées et de destinée, nous ne rentrerons pas dans les détails – si tu ne connais pas l’histoire exacte, honte à toi. Ajoutons à cela un physique disgracieux et une armée de mages noirs à ses pieds : voici le digne successeur de Sauron le maître de l’Anneau, prêt à tout pour éradiquer le Bien dans un but fondamentalement quelque peu obscur.

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  Suivons la pyramide de succession et abordons Magister, l’antagoniste principal de la saga Tara Duncan – qui essaie tant bien que mal de s’autoproclamer « petite sœur d’Harry Potter » sans réel succès. Ce méchant-là entre à la fois dans la catégorie « manichéen » et la catégorie « mystérieux » : quoi de plus intrigant qu’un ennemi juré qui masque ses traits derrière un masque magique ? Ainsi, le secret de son identité constitue l’un des fils rouges de la série : et si l’héroïne le connaissait en fait depuis le début, et s’il jouait un double-jeu pour mieux la manipuler ? Son identité est désormais révélée, mais nous ne nous attarderons pas dessus, sinon je vais encore cracher mon venin gratuitement – je déteste Tara Duncan, tu avais noté ? –. S’il gagne en complexité au fil des tomes, Magister restera un méchant emblématique de ma génération littéraire, et une figure inébranlable du paysage de l’imaginaire jeunesse, pas loin de Voldemort, pour le coup. Machiavélique, traître quand ses desseins l’exigent, il n’est jamais à court de sales coups pour atteindre ses objectifs, quitte à réserver les pires vacheries à ceux qui lui accorderont trop de leur confiance.
BBENLIVRE 2017Fanart de Magister par The Evil Legacy sur Deviantart rr

Les pestes

  Généralement en rivalité directe avec le héros ou l’héroïne, les pestes n’ont que rarement le rôle de méchant principal du roman. Souvent même, elles finissent par s’allier au héros pour l’appuyer dans sa quête… La peste évolue dans le même milieu que le héros, a le même statut hiérarchique que lui, et lui sert généralement d’amuse-bouche pour tester sa résistance à l’adversité au début de l’histoire. On se rappellera des six années de cohabitation difficile entre Draco Malefoy et Harry Potter ; des fourberies d’Angelica, jalouse de Tara Duncan ; des violences de Mortimer McGraw, étrangement antipathique à Oksa Pollock.
  Contrairement aux deux premiers, Mortimer est une force brute : un bêta qui cogne sans réfléchir, qui se rapproche davantage de Crab et Goyle, bras armés de Draco Malefoy, que d’une véritable peste antagoniste. Néanmoins, pour diversifier le trait et éviter de citer systématiquement Harry Potter et Tara Duncan en binôme prévisible, je tenais à parler de lui dans cette catégorie. Mortimer partage avec Draco Malefoy une ascendance maléfique : leurs deux pères ont fort à voir avec le méchant principal de leurs séries respectives. Je n’en dirai pas plus car, dans le cas d’Oksa Pollock, ça risquerait vite de partir en spoil. Comme quoi, il n’y a pas de fumée sans feu.
  Pour moi, le boss final des pestes reste Aedon de La Voie des Oracles, trilogie écrite par Estelle Faye. Tout simplement parce qu’Aedon est une indécrottable peste mais également l’antagoniste de la série ; vilain combo ! Frère aîné de Thya, l’héroïne, il la traite comme la dernière des serpillères et ne se gêne pas pour se lancer à sa poursuite, armée à l’appui, quand elle s’enfuit pour exploiter ses dons d’oracle loin du christianisme naissant de la fin de l’Antiquité. Une belle brute lui aussi, et s’il sert d’ennemi principal dans le premier tome, on comprendra vite qu’il n’est pas réellement le cerveau du complot… Mais pas de spoil !

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Les bras droits assoiffés de sang

  L’appellation te fait froncer les sourcils ? Pourtant, il n’y a rien de plus cliché dans un roman d’imaginaire qui se vend bien. Visualises-tu la sublime créature qui sert de bras droit au méchant principal ? Qui se salit les mains à sa place, qui se farcit les compagnons du héros dans le combat final, qui parfois va jusqu’à entretenir une relation intime avec son supérieur… ? On repart dans une binarité Harry/Tara avec Bellatrix Lestrange et Selenba, respectivement au service de Lord Voldemort de et Magister. Heureusement qu’au fil des catégories nous aurons l’occasion d’aborder des types de méchants plus diversifiés ; pour l’instant on se fait les classiques, écoute, c’est inévitable.
  Bellatrix est complètement marteau : elle et Voldemort sont presque complémentaires, deux faces d’une même pièce maléfique. L’horreur froide de Voldemort trouve son ressort dans la cruauté maladive de son bras droit. Selenba, plus mesurée que Bellatrix, fait néanmoins preuve du même sadisme pour offenser les gentils au nom de son maître. Elle dispose de plus d’un statut de femme fatale qui ajoute à son arsenal de combat une beauté trompeuse, que beaucoup de personnages auront tendance à sous-estimer… Selenba est très représentative d’un mouvement récent en littérature : les jolis vampires so d4rk (vampyrs dans le cas de Tara Duncan) aux réflexes surhumains et à la beauté renversante. Si je te cite Twilight, Indiana Teller, ça te suffit ? Elle va constamment armée jusqu’aux dents, vêtue de cuir, et chaque paragraphe à son propos nous remémore la perfection de ses traits de vampyr. Je confesse qu’elle a longtemps été mon personnage préféré, avant de tomber en déchéance dans les derniers tomes de la série. Notons aussi que Selenba est folle amoureuse de Magister… Coïncidence ?
BBENLIVRE 2017Fanart de Bellatrix par JessiBeans sur Deviantart

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Les souverains malveillants

En faisant ma liste de méchants à traiter, j’ai été surprise par le nombre de souverains mal-pensants aux commandes d’un royaume qu’ils ont pris de force, ou qu’ils dirigent comme les pires des tyrans. Parmi les plus connus en imaginaire ados/jeunesse, il y a bien sûr Levana, la reine masquée des Chroniques lunaires, de Marissa Meyer. Dirigeante du peuple lunaire, ancienne colonie terrienne qui s’est émancipée au fil des décennies, elle est détentrice d’un incroyable magnétisme : grâce à lui, elle est capable de prendre le contrôle de presque n’importe qui. Avide de pouvoir et de reconnaissance, elle a pour but de déclencher une guerre entre la Terre et la Lune, et de la gagner… Les circonstances dans lesquelles elle a accédé au trône, destiné à sa sœur aînée, restent très mystérieuses. On parle même d’assassinat. Seule la princesse Sélène, nièce de Levana et à ce jour disparue, serait en mesure de l’arrêter et de rétablir la paix entre la Terre et son ex-colonie. Contrairement aux apparences, Levana va s’avérer être un personnage ambigu, au passé compliqué. Le tome bonus n°3,5 – la saga en compte 4 –, racontera son histoire avec davantage de précision… Si tu t’attaques à la saga, sa lecture n’est pas en option ! Il apporte énormément à la vision d’ensemble du vaste univers des Chroniques lunaires.
  L’écrivaine états-unienne Sarah J. Maas utilise des souverains malveillants dans ses deux séries-phares : le roi d’Adarlan (impossible de retrouver son nom) dans Keleana, et la reine Amarantha dans Un palais d’épines et de roses. La série Keleana a été traduite jusqu’au tome 3 en France, mais n’ira pas plus loin, faute de succès ; elle compte six livres en tout outre-atlantique. Dans les trois premiers, le roi d’Adarlan se montre peu : on sait qu’il a gagné le trône sur les cadavres de la précédente dynastie, les Galathynius, et qu’il règne désormais en despote. Il n’apparaît qu’assis sur son trône, impérial et inaccessible, mais je ne doute pas qu’il se dévoilera au fur et à mesure que l’intrigue progresse. Amarantha a bien davantage de présence : évoquée avec crainte pendant la première moitié d’Un palais d’épines et de roses, elle prend toute son importance dans la seconde moitié. Ses allures de femme fatale, maléfique mais diaboliquement belle et cruelle, m’ont laissée de marbre : un peu trop cliché pour faire une méchante crédible. Elle a accédé au trône des Faes voici des centaines d’années, suite à une guerre des plus sanglantes, et règne sans partage, avec cruauté et sadisme. Comme pour le roi d’Adarlan, il ne fait pas bon vivre sous sa coupe. En espérant que Feyre, la jeune et talentueuse chasseuse Mary-Sue héroïne du roman saura mettre fin à sa mainmise sur le royaume Fae.
BBENLIVRE 2017Fanart d’Amarantha par Gabriela Birchal

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Les organisations maléfiques

Qu’elles soient manichéennes, un peu ridicules ou très mystérieuses pour mieux sévir ensuite, les organisations maléfiques font partie du paysage de la littérature jeunesse. Souvent au service de l’antagoniste principal, elles lui offrent une main-d’œuvre et un champ d’action bien plus importants que s’il était seul. Généralement elles apparaissent dès le début du roman, parfois même avant leur chef, et servent de boucs émissaires idéologiques le temps que le héros se rode un peu, avant de les aborder avec davantage de subtilité. Parmi les plus connues de ces organisations, les Mangemorts d’Harry Potter et les Sangraves de Tara Duncan tiennent une place de choix. Néanmoins, attardons-nous également sur les Pathologus d’Oscar Pill, par Elie Anderson et les Frères de Sang des Mystères de Larispem,de Lucie Pierrat-Pajot.
  Les Pathologus sont les ennemis directs des Medicus, l’ordre fantastique auquel appartient Oscar, notre héros. Les Pathologus s’infiltrent dans les corps humains et leur transmettent (qui l’aura deviné ?!) toutes sortes de maladies. Les Medicus passent après eux pour réparer les dégâts de leur mieux. De par leur nature  même, les Pathologus paraissent être condamnés à nuire à autrui : avoir le pouvoir de générer des pathologies dans le corps des autres, ça ne vend pas vraiment du rêve. Pour le coup, nous avons affaire à une organisation particulièrement manichéenne ; je préfère les Frères de Sang…
  Dans Les Mystères de Larispem, les basses classes sociales du 19ème siècle ont mené leur révolution : elles sont désormais à la tête de Paris, rebaptisée Larispem ! Mais les familles nobles, tombées en déchéance, feront tout pour regagner leur prestige perdu… Associées sous le nom des Frères de Sang (une sombre histoire de pouvoir surnaturel transmis par leur sang et qui leur permet de contrôler les gens à distance, sinon c’est pas drôle), elles cherchent à renverser le nouveau gouvernement avec ruse et cruauté, dans la clandestinité, et au diable leur éthique… Beaucoup plus classes que des virus ambulants, on est d’accord. Et nobles, avec ça, que demande le peuple larispemois ? Sans compter sur leur cheffe, la plus classe, la plus belle – mais nous en reparlerons dans une autre catégorie…

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Les entités nées pour détruire

Créatures au profil trouble, sans physique fixe (nécessitent-elles vraiment une enveloppe physique ?), elles n’inspirent que très rarement de la compassion au lecteur. Difficile d’éprouver de l’empathie pour un programme informatique ou un démon désincarné ; si en plus, ces entités n’existent que pour répandre le mal autour d’elles ?
  L’Avaleur de Mondes, originaire de la trilogie La Quête des Livres-Mondes, de Carina Rozenfeld, n’a qu’une seule raison de vivre : comme son nom l’indique, il voyage à travers l’espace et détruit, l’un après l’autre, tous les mondes habités qu’il trouve. Zec et Eden, les héros de la série, sont chargés de réunir les trois Livres-Monde pour l’empêcher, entre-autres, d’annihiler la Terre. L’Avaleur de Mondes n’a pas de véritable individualité, on s’en aperçoit facilement lors des rares chapitres narrés de son point de vue : il ne vit que pour détruire, envers et contre tout. Un antagoniste en puissance, mais pour la complexité on repassera.
  En revanche, on s’attardera sur Zalim, antagoniste du roman éponyme, toujours de Carina Rozenfeld, sorti plus récemment que La Quête. Evolution intéressante : Zalim, c’est le niveau au-dessus. Esprit malveillant, il se choisit un hôte humain et prend régulièrement le contrôle de son corps pour assouvir sa soif de sang. On ignore encore tout de ses origines, mais une chose est sûre ; à chaque fois que des personnages parlent de lui transparaît la peur et l’animosité qu’il leur inspire. Zalim est-il véritablement de retour dans le royaume d’Arensdaal ? Qui lui servira d’hôte, cette fois-ci ? Arensdaal parviendra-t-il à l’utiliser comme une arme, en exploitant son hôte, pour gagner la guerre à venir ? Zalim ne va pas se laisser faire…

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Les légendes urbaines

Tel Shere Khan dans Le Livre de la Jungle (le dessin animé, pas le livre), ils sont au cœur des rumeurs les plus folles ; leurs noms sont sur toutes les bouches et l’opinion publique les élève presque au rang de légende. Il faudra des dizaines de pages pour allécher le lecteur en les mentionnant avec une crainte mêlée de respect et auréolée de mystère, avant d’enfin révéler au monde leur véritable visage…
  Zalim est l’une de ces « légendes urbaines », mais nous ne parlerons pas de lui deux fois d’affilée. Intéressons-nous aux autres et commençons par la base de la crème : les Frères Estaffes, de la série Mathieu Hidalf, écrite par Christophe Mauri. Il faudra attendre plusieurs tomes pour qu’ils daignent véritablement apparaître physiquement. Mais n’en disons pas trop pour ne rien gâcher. Au nombre de trois, ils sont craints par l’ensemble des personnages pour avoir rompu un serment magique qui, jusqu’ici, les empêchait de nuire. Désormais qu’ils ont retrouvé leur liberté de mouvement, ils comptent bien semer la discorde dans le royaume d’Astrie ; heureusement que Mathieu Hidalf et ses camarades seront là pour déjouer leurs plans à distance… Car si la puissance des Estaffes est avérée et si leurs machinations gagnent en complexité au fil des tomes, ils ne se montrent presque jamais. Epée de Damoclès au-dessus de Mathieu : quand deviendra-t-il suffisamment dangereux pour qu’ils décident d’attaquer à visage découvert ? Car du haut de ses onze ans, Mathieu enchaîne les exploits (dont beaucoup, beaucoup de bêtises) avec un génie du crime qui force l’admiration. Et il ne compte pas laisser les frères Estaffes gâcher ses surprises…
  Dans un registre moins enfantin, mais jeunesse néanmoins, parlons de l’incroyable, du divin César Diaz (qui se prononce à la catalane, soit à peu près « Tchésar Dias »). Antagoniste du dyptique Réseau(x), de Vincent Villeminot, il est beaucoup moins énigmatique que les Estaffes, mais ses atouts résident ailleurs. Dans un futur proche, quoiqu’un chouia plus dystopique, César est à la tête des Clowns Noirs, une organisation qualifiée de terroriste qui perpétue toutes sortes d’actions farfelues pour dénoncer les vices de la société. Sixtine, l’héroïne du roman, se retrouve mêlée à des affaires criminelles et tôt ou tard, sa route croisera celle de César… Finalement, ce dangereux hors-la-loi aux allures de poète, surdoué, enchanteur, s’avèrera-t-il être son ennemi ou son allié ? J’en fais des tonnes, mais c’est si dur de décrire César avec autant de recul. César Diaz ne s’explique pas, il se dévoile sous les feux de la rampe. Egérie des rebelles, incompris et manipulateur, il a fait de sa propre vie un immense terrain de jeu dont le contrôle, parfois, lui échappe…

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Les héros méchants (mais héros quand même)

  Un héros qui se trouve du mauvais côté de la barrière, qui dispose d’une éthique douteuse pour tout jugement et qui s’oppose à des gentils discrédités par son propre machiavélisme, quoi de plus attrayant ? Ils sont encore rares dans cette catégorie en matière de romans jeunesse, et ce n’est pas plus mal : ils conservent une exclusivité qui fait tout leur succès.
  Le meilleur de tous, c’est évidemment Artemis Fowl, de la série éponyme écrite par le célèbre Eoin Colfer. Artemis ne semble pas fondamentalement méchant, mais gare, lecteur. Prends le temps d’analyser ses actions dans le premier tome, et ton opinion sera vite faite… Artemis a la subtilité de ne jamais se présenter comme le méchant de son histoire, mais nul doute possible : manipulateur, vénal et véritable génie du crime, il serait presque pire qu’Opale, antagoniste officielle de la série. Néanmoins, Artemis est très attachant : il n’est encore qu’adolescent et certaines de ses actions, notamment sur le plan émotionnel, manquent clairement de maturité. C’est cocasse à observer, quand il se comporte sur le terrain comme le pire des hors-la-loi. La série brille encore, plusieurs années après sa fin (elle compte sept tomes) et on ne peut que s’en réjouir, car elle mérite sa renommée. Un véritable classique.
BBENLIVRE 2017Fanart d’Artemis par Germanmissiles (mais c’est quoi ce pseudo sérieux)
  Mon deuxième exemple de méchant héros est particulier, puisque je n’ai pas lu le roman auquel il appartient. Mais le titre revient régulièrement sur Internet et il me vient très facilement à l’esprit. Je veux parler, bien sûr, de Kaleb Helgusson, originaire des romans éponymes encore une fois, écrits par Ingrid Desjours. A 19 ans, Kaleb se découvre la capacité de contrôler les émotions d’autrui, et cela l’enchante au plus haut point : à en croire les résumés trouvés sur Internet, il prend un malsain plaisir à user de son don au quotidien. Jusqu’à ce que ses actions lui attirent les foudres d’une organisation top-secrète, qui va se lancer à sa poursuite. As-tu lu Kaleb ? As-tu aimé ta lecture ? Je veux savoir s’il vaut la peine que je me le procure !

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Les forces mystérieuses

  Tapis dans l’ombre, forces obscures mais bien présentes dans l’intrigue (parfois un peu trop au goût des héros…), à l’image des légendes urbaines, ils aiment se faire attendre avant de se dévoiler pour le dénouement du roman.
  Le personnage de Dieu, dans la série La Passe-Miroir de Christelle Dabos, n’a pas encore révélé tout son potentiel. La série comptera quatre tomes et le troisième est sorti en juin 2017 ; Dieu, s’il est mentionné dès le premier livre, prend vraiment son temps pour se dévoiler au lecteur. D’abord uniquement évoqué dans les Bribes au début des Fiancés de l’hiver, il fait une brève apparition dans le tome 2 – mais quelle apparition ! – et gagne en présence dans le tome 3. L’aura mystique qui l’environnait se dissipe peu à peu, au fur et à mesure que les protagonistes se rapprochent du secret de son identité… « Scelle tes charmes. » Et si tu n’as toujours pas lu La Passe-Miroir, honte, honte sur toi. Pour la froideur de Thorn, la maladresse attendrissante d’Ophélie, le charme d’Archibald, les mystères de Dieu ou les innombrables talents du Sieur Farouk, tu n’as plus aucune excuse…
  Dans un registre plus mature, parlons du Roi des Fauves, venu droit du roman éponyme, écrit par Aurélie Wellenstein. Ivar, Kaya et Oswald, maudits par un esprit berserkir, sont condamnés à se transformer en créatures bestiales sans une once d’humanité. Le Roi des Fauves apparaît dans leurs rêves et les guide jusqu’à lui : il prétend savoir comment les soustraire à la malédiction. Est-il un dieu, un humain, un berserkir qui aurait conservé son esprit d’homme ? Existe-t-il vraiment, au fin fond des terres cauchemardesques que les maudits doivent traverser pour atteindre « sa cour » ? Je le classe en personnage méchant, mais c’est surtout pour son antagonisme avec Ivar : quant à savoir s’il s’avèrera un ennemi de nos héros, il te faudra lire le roman pour le savoir… Et gare, le roman est trash, déconseillé aux esprits sensibles. Les autres, foncez.

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Les demoiselles ensorceleuses

  Comme les grands méchants charismatiques, mais en plus subtil. Je les nomme « demoiselles » car il n’y a que des dames dans ma liste, mais je ne doute pas que des messieurs charmeurs existent aussi dans la littérature jeunesse. Je ne les ai juste pas encore rencontrés.
  Tout d’abord, Mademoiselle d’Abbeville, l’antagoniste de La Trilogie des Charmettes, d’Eric Boisset. Cette série se destine aux plus jeunes et sa méchante aussi : d’Abbeville ne brille pas par sa complexité, en dépit de sa puissance qui passe autant par des démonstrations de force que par ses simples punchlines bien dosées. Mademoiselle d’Abbeville projette de voler la puissance du Mana, que nos héroïnes, quatre sorcières en herbe encore au collège, essaient de créer avec leurs pouvoirs conjugués. Qui sait tout ce qu’elle pourrait réaliser avec pareil artefact à sa portée… Sorcière privée de ses pouvoirs à cause ses agissements passés, elle compense cette faiblesse par une technologie digne des meilleurs films de science-fiction : étincelles au rendez-vous. D’Abbeville fume comme un pompier ; elle passe la majorité des scènes à accabler de reproches les hommes de main qui se succèderont à son service et à grignoter des gâteries exotiques (la scène où elle mange des piments-oiseaux m’a durablement marquée sans que je sache pourquoi).
  Mentionnons, en passant, Marisa Coulter, d’A la croisée des mondes, de Philip Pullman. Elle ne figure pas parmi mes préférées car le charme qu’elle semble opérer sur les enfants qu’elle entraîne n’a rien de très crédible, et n’est pas justifié dans le roman. Dommage, car à part ça, elle a beaucoup de potentiel.
  Maintenant, on enchaîne sur du lourd, mais alors, du lourd de lourd. Tu te souviens des Frères de Sang, l’organisation de nobles déchus des Mystères de Larispem ? Attaquons-nous à leur cheffe… J’ai nommé l’inégalable Vérité de Maugardin, alias Mademoiselle pour les sous-fifres. Vérité est belle à se damner et intelligente comme la plus retorse des vipères : la puissance de son pouvoir de contrôle sur les corps d’autrui lui a ouvert beaucoup de portes, jusqu’à celle de leader des Frères de Sang. Une dame comme on en fait plus, noble jusqu’au bout des ongles, qui en dépit de sa dangerosité est toujours habillée, maquillée et parfumée à la perfection pour séduire les hautes sphères gouvernementales. Aie le malheur de la sous-estimer et tu te retrouveras en petites coupures sur le pavé après un saut de six mètres de haut – saut que tu auras fait tout.e seul.e sous l’influence de son sang, pauvre petite chose. L’unique point faible de Vérité : son bras gauche, complètement inutile et inerte, suite à un accident survenu dans son sombre passé, sur lequel on ne développera pas pour ne rien spoil. Elle passe aisément outre ce handicap, et la défaire ne sera pas aisé pour nos héros larispemois. Elle appartient à mon top absolu des meilleurs méchants de la fiction internationale. Elle dispose, de surcroît, d’un fanclub validé par l’autrice, dont je suis à ce jour… l’unique membre. Rejoins-moi.

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Les couples (a.k.a les OTP)

  Parce qu’un couple de méchants vaut parfois mieux qu’un méchant célibataire. Surtout dans le cas des exemples suivants.
  Arthus et Selanka Glasdow, de la trilogie Les Héritiers de l’Aube de Patrick McSpare, forment l’unique couple véritable de cette typologie : les autres ne se vouent pas pareil amour… Arthus, gentleman du San Fransisco du 20ème siècle, se mettra en premier en travers de la route d’Alex, Laure, Tom et Alba, les héros de la trilogie. Selanka restera dans l’ombre le temps que son époux inquiète suffisamment les quatre adolescents… Car des deux, c’est elle la plus cruelle. Lady Glasdow a beaucoup de sang sur les mains, et elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les Héritiers voyagent dans le temps pour sauver la Pierre d’Emeraude, volée par les maléfiques démons Fomorés ? A la bonne heure, Selanka est elle-même une Fomoré, et parmi les plus grands. Ne te laisse pas tromper par sa beauté, ou tu t’empêtreras dans sa toile et il sera trop tard pour sauver ton âme…
  Noble et Hersent appartiennent tous deux au cercle très fermé des Outrepasseurs : leurs ancêtres, maudits voici des siècles par des Fés, leur ont légué le pouvoir de se transformer en un animal spécifique, selon leur famille. Ainsi Noble peut-il devenir un lion borgne (parce qu’il est borgne en humain tu vois) et Hersent une louve… Et ces deux-là, bien que mariés et pas l’un avec l’autre, sont très fortement shipables (c’est-à-dire qu’on les verrait bien en couple officiel). Les annoncer comme les méchants des Outrepasseurs (quadralogie écrite par Cindy Van Wilder) relève un peu du spoil, mais honnêtement, au moins concernant Noble, c’est vraiment prévisible. Le savoir à l’avance donnera à ta lecture un goût nouveau. Néanmoins, pour limiter les dégâts, je me contenterai de les citer sans développer sur leur histoire commune. Si tu as lu les romans, tu dois certainement voir pourquoi je les décris comme un couple indissociable : unis jusqu’au bout… Dépeindre avec exactitude l’histoire des Outrepasseurs s’annonce très compliqué, car la série, un véritable OVNI en matière d’imaginaire jeunesse, ne suit pas de script aussi précis que les autres romans cités. Mais le courage d’Hersent et la ténacité de Noble, la complexité de l’intégralité des personnages, devraient fortement t’inciter à te plonger dans l’univers très immersif des Outrepasseurs.
  Enfin, parlons vite fait de la reine et du conseiller, du roman De cape et de mots, de Flore Vesco. Je tenais surtout à les mentionner pour leur rendre hommage : ces personnages sont si antipathiques qu’ils ne disposent même pas de prénoms. Lorsque Serine arrive au château du roi pour devenir demoiselle de compagnie et sortir sa famille de la pauvreté, elle découvre que la reine et le conseiller du roi œuvrent de concert pour renverser le souverain et prendre le total contrôle du royaume… Grâce à son astuce et à sa langue bien pendue, elle va tenter de déjouer tous leurs complots pour sauver la vie du roi. La reine, capricieuse comme pas deux, se laissera-t-elle tromper par ses tours de passe-passe ?

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Enfin, finissons cette typologie (déjà bien trop longue pour tes petits yeux) par des « méchants » un peu spéciaux : les peuples polarisés.

  Ils sont légions dans les romans de fantasy : deux ethnies rivales, opposées par leurs idéologies ou leur nature même ; le héros peut appartenir à l’une d’entre elles, y être totalement étranger, ou former un couple avec un autre héros présent dans le camp adverse. Leur intérêt ? La notion de « méchant » devient toute relative, puisque tout dépend du côté depuis lequel on observe le conflit.
  Les Faucheurs et les Gardiens, appartenant tous à la race humaine mais ailée des Enkidars, proviennent de la trilogie Le Livre de Saskia écrite par Marie Pavlenko. Leurs rôles sont complémentaires et pourtant, ils se mènent une guerre sans merci depuis des siècles. L’arrivée dans leurs rangs de Saskia, lycéenne qui se découvre Enkidare, va grandement perturber leurs relations : si elle se place très vite du côté des Gardiens, Saskia va s’apercevoir que sa nature est bien plus complexe que celle de ses nouveaux pairs. De là à pouvoir régler, enfin, le conflit Faucheur/Gardien, il n’y a qu’un pas… On présente à Saskia les Gardiens comme des créatures bienveillantes qui ne cherchent qu’à limiter le champ d’action des Faucheurs, qui eux sèment la désolation autour d’eux – un peu à la façon des Pathologus d’Oscar Pill. Adopter le point de vue des Faucheurs fera évoluer son opinion et elle découvrira que les véritables ennemis des Gardiens sont bien plus dangereux que les Faucheurs.
  Dans June, autre trilogie de fantasy écrite par Manon Fargetton, nous découvrons que notre héroïne éponyme est la dernière Sylphe : ce peuple pacifiste et protecteur des vents a été décimée voici des décennies par le retour du Chaos. Les antagonistes des Sylphes, les Oldariss, se lancent à la poursuite de June pour achever la quête de leur vie : provoquer l’extinction des Sylphes. Elle n’a plus d’autre choix que de partir, loin de tout ce qu’elle a toujours connu, dans l’espoir de parvenir à réactiver des sources d’énergie dispersées aux quatre coins du monde pour rééquilibrer l’Harmonie et le Chaos, et ainsi mettre fin au règne sans partage des Oldariss. Si a priori l’antagonisme semble simple, on comprend vite qu’Oldariss et Sylphes sont bien plus dépendantes les unes des autres qu’au premier abord… Réactiver Harmonie et Chaos ne veut pas dire annihiler le Chaos : June trouvera-t-elle le juste milieu pour rendre au monde sa splendeur perdue ?
  Enfin (enfin !) terminons par les Heldériens et les Rouge-Terriens du diptyque Oraisons, de Samantha Bailly. Les Heldériens vivent sur le même continent depuis des siècles et en ont colonisé un second, Thyrane. L’Astracan, la religion qui règne en maître sur Heldérion, peine à s’imposer en Thyrane : des opérations de force ont détruit le pays et des clans de hors-la-loi tentent encore de s’opposer à lui. Il y a moins de dix ans, ils ont découvert un troisième continent : ils l’appelèrent les Terres Impies, car la gloire de l’Astracan n’y a aucune valeur. Mais ils ne perdent rien pour attendre : déjà se préparent, dans les coulisses politiques, de quoi les convertir… Aileen et Noony, nos sœurs héroïnes, sont Heldériennes et entretiennent de durs stéréotypes à l’égard des habitants des Terres Impies, si différents d’elles. Peut-être que se confronter à leur vision du monde et oser remettre en question les vertus de l’Astracan leur ouvrira de nouvelles portes. L’antagonisme de ces deux peuples est intéressant car il n’y a pas de réel manichéisme entre eux, contrairement aux exemples précédents qui comportaient toujours un peuple « méchant » à éradiquer. Ici, si les Heldériens considèrent les Terres Impies comme leurs ennemis, notre point de vue et notre recul par rapport à leur religion nous permet aisément de faire la part des choses. Un conflit intercontinental mais, cette fois-ci, strictement humain… Et d’autant plus captivant. Je ne sais pas pour toi mais moi, le manichéisme à outrance me tape facilement sur le système. Et Oraisons mérite clairement le détour.

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Pour conclure en beauté (et après c’est fini, promis), je tenais à mentionner mes méchants de fiction préférés, au-delà du domaine littéraire. Un tonnerre d’applaudissements pour…

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Maléfique, vilaine fée du dessin animé « La Belle au Bois Dormant » (que personne ne parle du film « Maléfique », le film il est nul il a ôté tout intérêt au personnage de Maléfique il a mis sa complexité à la poubelle il…)

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Lord Dominator, du cartoon Wander Over Younder
BBENLIVRE 2017« I destroy their homes and I watch them cry, because I’m the bad guy !  » Extrait d' »I’m the Bad Guy », l’une des meilleures bad guy’s songs d’Internet, si si. C’est deux fois elle sur le dessin : avec et sans armure.

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King George, de la comédie musicale « Hamilton : An American Story »

BBENLIVRE 2017« I will kill your friends and family to remind you of my love, dadadayadaaa~« 
  Extrait de « You’ll be back », une autre mémorable bad guy’s song.

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Monsieur Monde, de la série (et peut-être du roman, que je n’ai pas lu) « American Gods ».
BBENLIVRE 2017Il se dégage de lui une telle aura, et le magnétisme de ses yeux, il est parfait. Visiblement très méchant mais parfait.

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BookTube et la Blogosphère en Livre, c’est fini pour aujourd’hui. Rendez-vous demain sur la chaîne de Bibliotaverne (prends de l’avance en allant la voir ici) pour une nouvelle vidéo spéciale Partir en Livre.
Et comme chez Partir en Livre, ils sont décidément géniaux jusqu’au bout, ils organisent un grand concours avec plein de choses à gagner, du 31 juillet au 20 août. Tu peux le retrouver sur les réseaux sociaux de l’événement, que je t’indique ci-dessous, y a qu’à cliquer sur les vignettes :

BBENLIVRE 2017   BBENLIVRE 2017     BBENLIVRE 2017

 

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Là, c’est bon. Cet article de dix pieds de longs trouve enfin sa conclusion. Je t’embrasse chaleureusement et te souhaite de frissonner de plaisir en découvrant l’antagoniste de ton prochain roman ; prête-lui autant d’attention qu’au héros, voire plus, pour profiter complètement de l’histoire…

Et toi, sinon ? Qui sont tes méchants préférés, en littérature, jeunesse ou pas, en séries, en cinéma ? Est-ce que tu as déjà été époustouflé.e par un bad guy charismatique, incroyablement hot, ou juste sidéré.e par son machiavélisme et sa cruauté sans bornes ? Dis-moi tout en commentaire, je suis impatiente de découvrir ton top personnel.

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Amitiés,

Chinmoku.

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2 commentaires sur “Typologie des méchants de l’imaginaire jeunesse #BBenlivre

  1. Attends attends … On connaît l’identité de Magister ?!!!! Dans quel tome on l’apprend ? C’est quiiiiiiii ? Et WTF que Keleana va pas être traduit je suis deg !
    Je n’ai pas lu Kaleb mais j’en ai tant entendu parler que je pense me le procurer …
    Tu ne peux t’empêcher de valoriser Farouk hein ? 😉
    Bref, cet article était super ❤ Je relis les HP et je trouve que Bellatrix est bcp plus badass !

    Aimé par 1 personne

    • Elle est à moitié révélée dans le tome 12 et ne sera jamais officiellement complètement confirmée, mais ça compte comme tel selon l’autrice. Tu parles d’une action de marketing…….
      Trop dégoûtée aussi pour Keleana T_T
      Comment ne pas valoriser le Sieur Farouk ❤
      Faudrait que je les relise aussi mais tu sais ce que c'est, les lectures scolaires et tout ça…

      J'aime

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