The Hate U Give, d’Angie Thomas

Salutations.

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The Hate U Give

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Mon résumé :

Starr a seize ans ; elle est états-unienne. Starr a la peau noire ; depuis toujours, elle subit la tête haute le racisme ambiant de sa ville.
Elle et ses deux frères étudient dans un groupe scolaire payant très réputé, et sont parmi les seuls élèves de couleur. Ils ne s’en portent pas si mal que ça : avec des amis, des petits amis et des notes convenables, ils mènent un enviable quotidien.
  Jusqu’à ce qu’un soir, la vie de Starr vole en éclats.
  De retour d’une fête, elle est en voiture avec Khalil, son meilleur ami. Un policier les arrête, fait sortir Khalil du véhicule, le fouille, le malmène ; quand le garçon se penche par la portière pour s’enquérir de l’état de Starr, le policier lui tire dessus.
  Trois balles dans le corps de Khalil, qui signent son arrêt de mort, sous les yeux de Starr.
  Les médis annoncent la mort d’un dealer de drogue, armé, qui aurait menacé le policier ; Star sait, elle. Que Khalil n’a eu aucun comportement dangereux, qu’il n’avait aucune arme sur lui, et aucune drogue non plus. Elle sait, mais comment élever la voix contre l’aveuglement du monde entier ?
  Si elle se tait, Khalil sera mort en vain. Trouvera-t-elle le courage d’honorer sa mémoire, et ses actes seront-ils pris en compte par l’impitoyable justice qui s’apprête à juger la culpabilité de l’assassin de Khalil ?

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Roman paru en février 2017 aux éditions HarperCollins, puis réédité au format poche chez Walker Books. Disponible uniquement en langue anglaise à ce jour. Format poche : 438 pages (c’est écrit très gros).

Coût au format poche : aux alentours de 12€, mais le prix n’est pas fixe.

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Comment j’ai découvert The Hate U Give :

  Le club de lecture « Unicorns Gonna Read » (dirigé par les blogueurs Saefiel et RobinBooks) a choisi ce roman comme lecture de l’été 2017. Comme j’appartiens à ce club de lecture, je me le suis procuré dans une librairie bordelaise spécialisée en littérature anglophone : Bradley’s Bookshop.

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  « Pac said Thug Life stood for « The Hate U Give Little Infants Fucks Everybody » ».
  I raise my eyebrowes. « What ? »
  « Listen : The Hate U – the letter U – Give Little Infants Fucks Everybody. T-H-U-G L-I-F-E. Meaning what society give us as youth it bites them in the ass when we wild out. Get it ? »
  « Damn. Yeah. »

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Mon verdict :

  Je tiens à préciser que je suis une quiche en anglais : j’ai réussi à lire le roman jusqu’au bout, mais beaucoup de détails m’ont sûrement échappé, sans compter tous les termes que j’ai vaguement compris sans savoir les traduire en français. Néanmoins, The Hate U Give est très abordable pour les lecteurs de VO débutants : la preuve, j’ai survécu avec mon niveau de collégienne. Ça pique un peu au début, puis tu rentres très facilement dans l’histoire et tu peux accélérer le rythme. Le roman n’entre pas dans mes standards de lecture ; en dépit de cela, je l’ai adoré.
  Question immersion, le roman fait fort : nous suivons l’histoire du point de vue de Starr et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne parle pas comme dans les livres. Un anglais très oral même dans les narrations, des raccourcis de langage difficilement compréhensibles, et des références à des modes, des vêtements, des événements de partout. On finit par se résigner à ne pas tout comprendre, et on se laisse porter…
  La galerie de personnages est impressionnante : la famille nombreuse de Starr, ses amis lycéens, et tout un tas de personnages secondaires qui gravitent autour d’elle. Pourtant l’ensemble ne fait pas fouillis du tout, on s’y retrouve facilement et cela ne fait que solidifier la crédibilité du roman. Chacun a un rôle à jouer, même d’apparence futile. ça illustre parfaitement l’une des leçons du roman : si tu te sens trop seul.e pour défendre tes idées, cherche du soutien et par plein de petits riens, tu feras de grandes choses.
  Starr est très attachante. Le roman s’avère particulièrement intéressant à lire en étant complètement détaché de sa culture : ses valeurs et ses préoccupations quotidiennes diffèrent beaucoup des nôtres. Le roman apporte une vision du monde à laquelle nous ne sommes pas habitués ; les livres états-uniens présentent rarement ce genre de cadre social. C’est là l’intérêt de cette histoire : Angie Thomas nous plonge dans un univers réaliste, sans idéalisation, avec de la dureté parfois, pour exprimer avec justesse les enjeux de la vie de Starr et ceux de la mort de Khalil.
  En dépit de cette forme soignée, le thème principal du roman reste les conséquences de la mort de Khalil sur Starr, son entourage, et sur comment ils vont tenter de surmonter cette épreuve. Car comme souvent aux Etats-Unis, la mort de Khalil n’est pas du tout considérée comme un meurtre ! Starr en est l’unique témoin objectif, quand les médias répètent que le policier incriminé « n’a fait que son devoir en croyant sa propre vie en danger »… Face à l’aveuglement des autorités censées faire régner la loi, elle a d’abord peur de se faire connaître. Son entourage et ses propres réflexions vont l’amener, doucement, à choisir quels actes mener à bien pour Khalil et sa conscience. Cette évolution s’opère avec subtilité ; il n’y a pas tant d’action que ça dans le roman. Car l’aspect psychologique prédomine : après les horreurs qu’elle a vécues, Starr doit se remettre, puis se questionner. Il faut garder en mémoire que l’intrigue de The Hate U Give est très fortement inspirée de faits réels. Cette histoire pourrait parfaitement avoir lieu aux Etats-Unis dans les semaines, les jours à venir. C’est cela le plus effrayant… Ce qu’a vécu Starr et l’incompréhension à laquelle elle fait face sont cruellement crédibles.
  Le roman explore autant les enjeux de la mort de Khalil que l’émancipation progressive de son héroïne : elle a seize ans et en un sens, cet événement va l’aider à prendre une indépendance nouvelle, vis-à-vis de ses parents, de certaines valeurs qu’ils lui ont inculquées. Ainsi nous avons droit à ce combat juridique mais également à de l’amour adolescent (à faible dose), à des scènes de famille à t’en tirer une larmichette, à des aléas d’amitié qui mettront à jour beaucoup d’inégalités sociales. The Hate U Give explore tous ces aspects de la vie d’une jeune fille états-unienne en situation de racisme avec une impressionnante crédibilité ; le roman a fait l’effet d’une bombe dans la mare dans son pays natal. Meilleures ventes du New York Times, il s’est attiré l’admiration de John Green en personne – il l’a qualifié de « stunning » (=étourdissant).

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Ma note :

 

Points forts :

Forte immersion
Thème d’actualité
Quota de scènes émouvantes très largement rempli
Crédibilité parfois cruelle

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Points faibles :

Langage très oral qui gêne parfois la compréhension
Un chouia redondant quand l’action n’avance pas assez vite

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ShishiShishi heureux. Coup de coeur modéré, très bon moment de lecture mais pas assez emballée pour le retenir sur le très long terme.

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CQFD :

  Même si l’anglais n’est pas ton fort (high five, l’espagnol ça sonne mieux), The Hate U Give vaut clairement la peine d’être lu. Il n’est pas traduit en français pour le moment mais je pense que ce sera le cas prochainement au vu de son succès outre-atlantique. De l’immersion, de l’émotion, et un réalisme à glacer le sang ; THUG (son petit nom officiel) remue les esprits et tant mieux, on en a bien besoin.

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Si tu as aimé The Hate U Give, tu aimeras…

Dysfonctionnelle, d’Axl Cendres
A la place du cœur, d’Arnaud Cathrine

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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